Détails du récit

Titre

Dialogue 007

Corps

De retour à Paris, dès le lendemain soir (plutôt court pour une retraite), je n'ai pu que constater que mon absence avait été remarquée par absolument personne. Rien sur le répondeur. On était loin de la fuite à Varenne. Je n'étais pas roi et cette turbulence au sein d'un petit groupe musical quasi invisible n'était pas une révolution. Il s'agissait d'un parfait non-évènement. Mais, mais..., mais malgré tout, à mon échelle, c'était autre chose. J'avais cru à un simple carrefour, abordé, l'air de rien dans un épisode banal de nous quatre, trois mousquetaires du rock parmi tant d'autres. Notre convoi s'est engagé dans ce croisement, cette fourche. J'ai pris à droite, les autres à gauche. On a à peine senti un déclic, un grincement, un décrochement net et discret. La séparation s'est imposée à l'occasion de cet échangeur. Une fusée Apollo qui se débarrasse de son premier étage dans le silence de l'espace. J'aurais pu, après l'épisode, me sentir comme un enfant "abandonné sur la jetée partie en haute-mer". Mais je me sentais dans la peau du cycliste qui s'assoit dans la voiture-balai, secouru, au milieu de l'ascension du Galibier, haute-montagne, en plein cagnard, coca-cola glacé à la main. Les conséquences ? Pas clair. il y avait des points à régler en terme de contrats, de droits, etc. Pour le moment, je n'étais pas officiellement viré du groupe. Aucune menace avait été prononcée. Jusqu'à présent, tout s'était passé uniquement dans ma tête. Un peu dans mon dos aussi y avait-il de quoi fouetter le moindre chat après tout? Il faudra éplucher tout cela, mettre le tout sur la table. Mais je dois avouer que j'avais déjà brûlé quelques étapes, j'avais zappé les préliminaires. J'étais déjà ailleurs parce que, consciemment ou pas, j'étais préparé. C'est cela : j'étais prêt. J'avais plus envie de voir la suite que d'analyser ce qui avait pu se passer.

Date de création

4 mai 2026