Récits
| Titre | Corps | Date | Actions |
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| Notes prises | Mes poches sont des carnets dont le régulier remplissage s'effectue dans la cour de l'école, dans mon parking, dans l'arrière-salle de mon gouvernement. A part des cailloux, des étoiles de mer (vraies et fausses), des boutons anciens orphelins pour toujours, c'est vrai : on trouve aussi des papiers en découpe, de petite taille, avec des dessins en texte à l'encre. Indéfectiblement à l'encre car il m'est impossible de trahir le Parker, le doigt greffé qui se recharge. Capture et emprisonnement de mots, plutôt mal organisés dans une logique d'un chaos suprématiste que tous reconnaissent. Cette chasse est penser, marcher et respirer, enfin, je crois. Fameuses chasse, cueillette et pêche qui se baladent toujours dans les vallées, par les monts et qui glissent et se désaltèrent de lac en lac. C'est ainsi : les paysages sapiens ne sont pas si loin mais leur construction en cathédrale a des soucis avec la lumière. C'est souvent le point faible, le blocage de la lunette épaisse par des vitraux pris dans leur étain. | 04/03/2026 | Voir |
| Ondes martelées | S'endormir sur des voix en contrepoint, sifflées par des jeux d'orgues doux et liés en tableaux. De sorte que toutes nos sœurs résonnances accaparent nos élans, préemptent nos désirs comme nos satisfactions éventuelles. Le déchet qu'elles abandonnent correspond à peu près au regret fondamental qui s'autogénère lui-même. Ce regret est un larsen, donc un cousin qu'elles souhaitent maintenir à bonne distance de leur propre famille en vibration. | 05/03/2026 | Voir |
| Reprise sur la braise | Ai-je assez repris mon souffle ? Mes genoux ont pliés sous le frottement entrechoqué des fibres, des os, du sang en bloc. Même si j'ai longtemps refusé de plier, c'était très essentiellement pour mieux prendre la posture de l'idiot avec son 'rire affreux' et sa complaisance. A cette aube, je plie pour de bon et je me 'poste' pour donner un coup de rame plus précis, c'est-à-dire un peu plus humain. J'ai retrouvé la chaleur. Toujours là. Mais qui en a pris soin ? Qui a préservé l'essentiel en mon absence ? Une suite de passants dont il faudrait commencer à s'occuper. Et c'est à moi de le faire, c'est mon tour, même si je ne suis pas prêt pour cela. Je suppose qu'ils ne l'étaient pas non plus lorsqu'il a fallu qu'ils se désignent eux-mêmes, souffle après souffle. Je ne suis pas prêt, je ne suis - sans doute - pas digne du rituel, de l'enjeu mais c'est comme ça que cela fonctionne à la longue. | 24/01/2026 | Voir |