Détails du récit
Titre
Dialogue 006
Corps
Au cours des jours suivants - vaniteux -, je n'allais prendre aucune initiative. J'attendais que les autres membres du groupe viennent d'eux-mêmes faire allégeance, en rang d'oignions, en rois mages, la queue entre les jambes et les pieds trébuchant dans le tapis. Mais, rien. Pendant deux, trois, six jours ! Même pas Schinn, la bonne âme du groupe ! Pas un coup de fil, rien. Alors, je pris une décision facile : la fuite invisible. Quelques affaires dans le coffre de la R5, plus une guitare, un ou deux bouquins, cahier, crayons et quelques heures plus tard, je me retrouve recroquevillé en boule dans mon terrier kafkaïen en bord de mer, sur la côte d'Opale. J'ai déjà consommé les quelques achats effectués dans la dernière station service de l'autoroute. A peine arrivé et la poubelle est déjà pleine de ces emballages plastiques. Il est tard, je m'endors en vingt secondes. Je n'ai pensé à rien durant tout le trajet, un vide doucereux. Dès le lendemain matin, tôt, une tasse de café instantané à la main, je tombai dans une espèce d'extase. Tout sembla clair dans mon esprit. Une page venait d'être tournée malgré moi concernant le groupe; je pourrais même dire à mon insu et, non seulement cela ne me heurtait pas, mais cela m'arrangeait. C'était évident. Tout concordait parfaitement. J'étais, de fait, libéré d'une partie de ma vie, celle avec laquelle je m'obligeais à coopérer, celle qui s'était installée par soumission à la force d'un courant étranger. Ce qui m'avait retenu, bien sûr, c'était les liens que j'avais, que j'ai avec Pascal, Schinn surtout. Avec Thierry, ça a toujours été plus compliqué. La rupture était à présent possible, facile, manifeste pour tout le monde.
Date de création
28 avril 2026